Bien utiliser l'IA, c'est d'abord savoir quand l'utiliser. La ligne de partage est simple : l'IA est un excellent point de départ, jamais une livraison finale. Le graphiste garde la main ; l'IA l'accélère.
Les cas où l'IA est un vrai gain
Point commun de ces situations : le résultat généré est un point de départ que le graphiste reprend et contrôle.
Supprimer un fond complexe
Photo de produit sur fond chargé, cheveux, poils d'animaux.
Gain : de 15 minutes à 10 secondes, avec un résultat souvent meilleur qu'à la main.
Agrandir une image sans perte
Image client trop petite pour le format demandé.
Gain : récupère une image inutilisable. Ne remplace pas une bonne photo originale.
Étendre ou compléter un fond
Photo trop étroite pour un format bannière ou story.
Gain : adapte un format sans recadrage destructif. Vérifier la cohérence du résultat.
Générer des visuels d'inspiration
Phase de recherche de concept, moodboard, directions visuelles à proposer.
Gain : explore 10 directions en 5 minutes. Pas de livraison directe au client.
Nettoyer une image
Supprimer un objet gênant, un fil électrique, une personne en arrière-plan.
Gain : remplissage génératif Photoshop, résultat naturel en quelques secondes.
Textes de gabarit (filler)
Maquette en attente du texte définitif : accroches, descriptifs produit.
Gain : un lorem intelligible, plus vendeur qu'un faux-texte dans une présentation client.
Les cas où l'IA pose problème
Point commun : le résultat n'est pas contrôlable, pas cohérent avec le projet, ou expose à un risque professionnel.
Créer une identité visuelle
Logo, charte, identité de marque : résultat générique, sans singularité, droits flous, incohérent entre variantes. L'IA génère du « déjà-vu ».
Texte lisible dans une image générée
Affiche, flyer, typo intégrée : les IA image déforment systématiquement les lettres. Toujours ajouter le texte après, dans InDesign ou Photoshop.
Visuel livrable directement au client
Image générée utilisée telle quelle : droits incertains, ressemblance possible avec une œuvre existante, détails aberrants non vus à l'écran.
Visages humains réalistes
Mannequins, portraits : yeux, mains et expressions souvent déformés ; risque de ressemblance avec une vraie personne. Problèmes éthiques et légaux.
Cohérence entre plusieurs images
Série devant former un univers homogène : chaque génération est indépendante. Impossible d'obtenir le même personnage, le même éclairage, les mêmes couleurs.
Reproduction du style d'un artiste vivant
« Dans le style de [illustrateur connu] » : zone grise juridique et éthique, des procès sont en cours. À éviter professionnellement.
IA ou pas IA ? 10 situations du métier
Pour chaque cas, demandez-vous : est-ce un point de départ contrôlable, ou une livraison risquée ?
| # | Situation | Réponse recommandée |
|---|---|---|
| 01 | Photo produit 72 dpi / 400 px pour une affiche A3. | Upscale IA possible pour dépanner ; idéalement, redemander l'original. |
| 02 | Logo d'une marque de cosmétiques, à court d'idées. | Inspiration oui, livraison non : jamais un logo final généré. |
| 03 | Câble électrique gênant sur une photo de flyer. | Oui : remplissage génératif, cas idéal. |
| 04 | 6 posts cohérents avec des personnes souriantes. | Non : cohérence + visages humains, double écueil. |
| 05 | Textes de remplacement pour une maquette à présenter demain. | Oui : filler intelligible, gain de temps. |
| 06 | Affiche de concert avec nom, date et lieu en gros. | Non pour le texte intégré : l'ajouter dans InDesign. |
| 07 | 3 directions créatives à présenter en 2 h. | Oui : visuels d'illustration de pistes, futé. |
| 08 | Visuels d'ambiance pour un projet fictif de book. | Oui : usage personnel / pédagogique, faible risque. |
| 09 | Lisser la peau du portrait d'un dirigeant. | Avec précaution : garder un rendu naturel, ne pas dénaturer. |
| 10 | Illustration « dans le style de Banksy ». | Non : style d'artiste identifiable, zone à risque. |